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SNUipp-FSU 28 | Eure-et-Loir

9 février 2006

Carte scolaire : après le CDEN du 6 février

L’insuffisance des moyens éclate au grand jour !
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Mesures de carte scolaire

CDEN 6 FÉVRIER Déclaration commune

FSU, SGEN-CFDT, UNSAéducation, FCPE

Monsieur le Préfet, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, Monsieur le Président du Conseil Général,
Mesdames et Messieurs les membres du CDEN,

Le contexte dans lequel se prépare la rentrée 2006 pèse lourdement sur les conditions de préparation de celle-ci. Restant sourd à la parole des usagers et des personnels, le ministre poursuit la politique initiée par Mr Fillon, s’appuyant sur une logique de “talents” et de “mérites” individuels et organisant une école à plusieurs vitesses.

La remise en cause de l’obligation scolaire à 16 ans par l’instauration de l’apprentissage dit “junior” pour les élèves les plus en difficulté instaure un tri social à l’opposé de l’acquisition par tous d’une véritable culture commune. Elle est à l’opposé de la fameuse égalité des chances que le ministre dit vouloir favoriser.

De fait, la réussite de tous les élèves, la poursuite de l’amélioration de l’accès à des niveaux de formation et de qualification plus élevés, nécessité maintenant reconnue par tous dans la région et le département, ne constitue plus l’objectif assigné au système éducatif.

Le même objectif est poursuivi dans le renoncement à une politique territoriale de lutte contre les inégalités. La flambée de violences des banlieues fin 2005 sert même de prétexte pour accélérer ce processus en dynamitant les ZEP.

Le contexte, c’est aussi la diminution importante des recrutements d’enseignants titulaires : ainsi le service public d’éducation n’a pas les moyens de se développer ni de se transformer, il ferme des débouchés à une partie importante des jeunes diplômés et laisse perdurer un recours important aux personnels précaires.

Cette politique de renoncement nous ne l’acceptons pas, car il y a urgence à réorienter la politique scolaire, à donner de l’air aux écoles et aux établissements, à donner des garanties d’espoir à la jeunesse, à apporter des réponses à la hauteur des enjeux sociaux, économiques et culturels. En particulier dans ce département qui cumule un certain nombre de retards.

Les conditions de rentrée pour 2006 telles qu’elles se préparent aujourd’hui dans notre département vont conduire inévitablement à une nouvelle dégradation pour les élèves.

Dans les collèges, un retrait de 30 emplois (pour 319 élèves de moins) compensé en partie par 14 postes en heures supplémentaires. Au total l’offre de formation est donc diminuée de 16 ETP (équivalent temps plein) ce qui risque de conduire d’une part à une nouvelle hausse des effectifs élèves par classe dans de nombreux établissements, avec des niveaux au dessus de 25 en moyenne et d’autre part à un resserrement des structures.
Le prélèvement sur la dotation de 7 ETP (équivalent temps plein) pour le dispositif “Ambition réussite”, financement par redéploiement, est inacceptable car cela fait peser l’effort sur tous les collèges (une demi-heure de moins en 5è et 4è). De plus, le silence du ministère et du rectorat sur les 2 collèges actuellement ZEP retenus pour ce dispositif dans le département est inadmissible. Les 10 autres établissements ZEP du département risquent d’être rayés de la carte d’éducation prioritaire d’ici trois ans.

Dans les écoles, la proposition de nombreux suppression des postes de soutien (ex : Nogent le Rotrou en ZEP, Châteaudun), la disparition de maîtres-surnuméraires (ex : Courville sur Eure) sont des exemples de la volonté ministérielle de récupérer à tout prix des postes sans se soucier du bénéfice aux élèves que ces moyens ont assuré jusqu’alors.
La réduction de l’accueil des enfants de 2/3 ans d’une part et le retrait de cette tranche d’âge de statistiques pour justifier des fermetures de classe d’autre part (ex : St Georges sur Eure, Senonches, ….) sont une illustration supplémentaire de la volonté de minorer ce niveau d’enseignement. Il est à noter que l’Eure et Loir est déjà depuis septembre 2005 l’un des départements où la scolarisation des enfants de moins de 3 ans est la plus faible : 7,99 % au lieu de 25 % au niveau national. De plus, de nombreuses classes de maternelle atteignent voire dépassent les 28/29 élèves en raison de manque d’ouvertures ou d’annonces de fermetures sévères.
En raison de l’attribution insuffisante de postes (seulement 6 pour 345 élèves supplémentaires) :

  • des écoles bien qu’ayant des effectifs à la hausse (Prunay le Gillon, les RP de Champrond, de St Avit, …) sont toujours dans l’attente d’ouvertures de classe.
  • Des écoles ayant des effectifs stables (Mainvilliers Zola, RPI Oulins/la Chaussée, …) sont menacées par des fermetures de classe.
    Il n’y a aucune mesure pour améliorer l’enseignement des langues qui, en Eure et Loir, est en inéquation avec les mesures du Ministère : choix restreint de langues, enseignement non généralisé à tous les établissements primaires notamment en CE2.
    Les ZEP ne bénéficient d’aucune amélioration de leurs conditions de travail ou voient disparaître certains dispositifs comme l’aide aux enfants non francophones là encore au détriment des élèves les plus fragiles.
    L’enseignement professionnel voit, au nom d’une certaine forme de rentabilité des postes existants, des filières supprimées réduisant ainsi le choix des élèves engagés dans la voie professionnelle (ex : BEP électrotechnique à Lucé).
    C’est bien la qualité du service public d’éducation, c’est à dire sa capacité à assurer la réussite de tous les élèves qui est en jeu.

On ne peut accepter de voir ainsi hypothéquer l’avenir des enfants.

La FSU, le SGEN/CFDT, l’UNSA-Education et la FCPE réclament pour l’Eure et Loir de nouvelles créations de poste pour la rentrée de septembre 2006, c’est la condition pour que soient atteints nos objectifs :

Au droit pour tous à l’éducation, à l’égalité devant le service public, à l’accès de tous au plus haut niveau de formation.

 

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