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11 décembre 2012

Le projet de loi d’Orientation est d’ampleur bien modeste

Le projet de loi sur la refondation de l’école reste bien modeste.

Il renvoie à de nombreux textes réglementaires qui devront décliner ses orientations.

Les sujets absents sont nombreux (revalorisation et évolution du métier d’enseignant, Rased, Second degré, Avs, refonte de l’éducation prioritaire…)

.

Ce projet de loi comporte 53 articles, accompagnés d’une annexe déclarative. Certaines ambitions affichées, comme celle à l’école primaire, se font au détriment d’autres fonctionnaires ou d’autres secteurs de l’école et devront cependant se concrétiser.

Pour refonder l’Ecole il faudra d’autres textes (décrets, circulaires) qui devraient animer encore les débats durant plus d’un an.

La Loi est axée sur la formation des enseignants avec la création des Espe (suppression des Iufm, octroi de 1000 postes de formateurs).

Ils organisent “la formation initiale des futurs enseignants et des personnels d’éducation et participent à leur formation continue”.

La loi précise qu’il y a bien un droit à une formation continue mais ne dit rien d’autre à ce sujet.

Le socle commun est modifié dans ses contenus et objectifs mais est maintenu.

La maternelle constitue un cycle. Il est possible qu’un cycle cm2-6e, censé favoriser la dialogue école-collège, soit créé.

Un Conseil national des programmes et le conseil de l’évaluation de l’Ecole sont créés. Tous deux sont composés de parlementaires et d’experts nommés par le ministre. Indépendants, ces conseils devraient remplacer le HCE.

Sur d’autres points pourtant essentiels les changements éventuels seront inclus dans des textes non législatifs. C’est le cas par exemple de la réforme des rythmes scolaires.

Un projet de loi sur la Refondation également chiffré

Sur les 60 000 fonctionnaires que l’Etat veut embaucher sur 5 ans en plus des départs en retraite, 1000 devraient aller à l’enseignement agricole et 5000 à l’enseignement supérieur.

La réforme de la formation prévoit 26 000 postes créés, ceux des stagiaires.

Restent 24 000 postes pour l’enseignement scolaire:14 000 pour le primaire et 7 000 pour le secondaire. Sur les 14 000 postes pour le 1er degré : 3000 pour l’accueil des “enfants de moins de 3 ans” en maternelle, 7000 postes pour“le renforcement de l’encadrement pédagogique dans les zones difficiles” (le “plus de maîtres que de classes” ), 4000 pour l’ « amélioration de l’équité territoriale académique », à savoir tenter de “rattraper” le manque criant de moyens alloués ces dernières années qui se sont traduit par des milliers de suppressions de postes.

S’il s’agit d’une rupture par rapport aux années précédentes (fin du non remplacement des départs à la retraite), ces dotations, rapportées à chaque département, ne suffiront pas à combler les retards accumulés partout.

Les Rased restent les “oubliés” de la Loi puisque cités une seule fois dans le projet sans pouvoir identifier clairement quels rôles ou quelles missions leurs seraient dévolus.

Autres manques, questions pourtant essentielles liées à la place particulière des enseignants, ceux de la revalorisation des enseignants ou de l’évolution du métier, points totalement absents de la Loi.

Idem en ce qui concerne la professionnalisation et la reconnaissance d’un statut

pour les AVS, la refonte de l’éducation prioritaire, le second degré…

En résumé, des lacunes importantes qui ne peuvent nous convenir.

 

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