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8 janvier 2013

Rythmes Scolaires :
Le SNUipp-FSU vote contre
un texte bricolé et insatisfaisant

En ne recueillant que 5 voix sur plus de 60 votants, le projet de décret relatif à l’aménagement du temps scolaire a été désavoué par la communauté éducative au Conseil supérieur de l’Education. Pour sa part, le SNUipp-FSU a voté contre le texte ministériel. A cette heure, le compte n’y est pas, ni pour les élèves, ni pour les enseignants. Ce qui devait être une réforme emblématique de la Refondation se révèle être une grande déception.

Si le SNUipp-FSU a fermement dénoncé la semaine DARCOS avec ses journées alourdies, il n’est pas pour autant favorable au bricolage actuel de ce texte qui n’offre aucune garantie d’un périscolaire gratuit et de qualité pour tous. A l’épreuve du terrain, il n’est pas possible de faire l’impasse sur la difficulté qu’auront les communes à recruter des animateurs qualifiés, les difficultés d’organisation en milieu rural où ils auront à effectuer de longs déplacements sur de grands territoires ou même les nouvelles normes d’encadrement des enfants qui restent à préciser. Au final, le ministère ne donne aucune garantie que tous les enfants sur tout le territoire tireront profit de ces nouveaux temps tels qu’ils sont définis sur le papier.

Le décret donne la possibilité qu’une organisation scolaire soit décidée en dehors du conseil d’école. Le SNUipp-FSU n’accepte pas cette nouvelle donne. Les conseils d’école qui réunissent parents, enseignants et élus ne constituent pas un frein aux évolutions. Ils sont, au contraire, une des conditions de la réussite d’une journée articulant de manière cohérente des temps scolaires et temps périscolaires de qualité pour tous les élèves. Le SNUipp-FSU demande donc que les conseils d’école soient une instance incontournable de proposition et de discussion de toute organisation du temps scolaire et d’élaboration d’un Projet Educatif Territorial.

Le SNUipp-FSU a toujours estimé que cette réforme devait concilier réussite des élèves et conditions de travail des enseignants. Temps élèves et temps enseignant sont indissociables. Le SNUipp-FSU a toujours exigé que cela soit discuté et examiné dans un même mouvement. Or, ce dossier est découpé en tranches et a été l’objet d’un flou constant. Rien n’a été clairement finalisé concernant le temps de travail des enseignants. Rien n’a été mis sur la table au sujet d’une nécessaire compensation financière.


Défavorable à tout statu quo, le SNUipp-FSU demande maintenant que le texte soit revu en profondeur. Un nouveau CSE doit être convoqué. La balle est maintenant dans le camp du ministre.


Le SNUipp s’est prononcé contre le projet de décret sur les rythmes scolaires présenté au Conseil supérieur de l’éducation du 8 janvier. Un texte qui n’est satisfaisant ni pour les élèves, ni pour les enseignants et qui doit être profondément remanié.

« Le compte n’y est pas, ni pour les élèves, ni pour les enseignants ! » C’est ce qu’a exprimé le SNUipp, au Conseil supérieur de l’éducation (CSE) réuni le 8 janvier pour examiner le projet de décret sur la réforme des rythmes scolaires. Il est vrai que s’agissant d’un texte qui doit transformer le quotidien de six millions d’élèves, de dix millions de parents et de 350 000 enseignants des écoles, le manque de rigueur et de concertation, l’imprécision et les insuffisances ne sont pas acceptables. Or, le ministre de l’Éducation nationale demande à toute la communauté éducative de se prononcer, alors que des pans entiers de cette réforme restent encore à clarifier. La question de sa partie enseignante notamment, ainsi que les relations avec les collectivités locales, pour lesquelles nous avions demandé que se réunisse une table ronde. Pour le SNUipp, la réforme des rythmes ne saurait s’envisager sans une réflexion d’ensemble sur un fonctionnement de l’école qui améliore les temps d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des enseignants.

Du mieux pour tous les élèves ?

« Qui peut dire aujourd’hui que tous les enfants, sur tout le territoire, tireront profit des mesures proposées telles que définies par le projet du ministère ? » Un calendrier scolaire toujours aussi déséquilibré, des journées de classe à peine raccourcies, avec la coupure du mercredi en moins, et surtout, l’incertitude qui demeure quant à l’organisation des temps placés en dehors de la classe. Car de fait, pour le SNUipp, la réforme ne peut pas être réussie dans les communes qui en auront les moyens, et un échec dans les autres.Le SNUipp-FSU demande donc des garanties concernant l’égalité d’accès à une offre éducative de qualité pour tous les élèves.

Tout mettre sur la table

Quoi qu’il en soit, tordre le cou à l’échec scolaire ne saurait se résumer à une modification des rythmes et à une question d’emploi du temps. Des effectifs qui permettent de prendre en compte chaque élève, des locaux adaptés, du matériel et des ressources pédagogiques de qualité, des enseignants formés et reconnus, des programmes revus pour être ambitieux, mais réalisables et respectueux des rythmes d’acquisition des élèves, des évaluations au service des apprentissages : autant de dimensions tout aussi importantes et dont pourtant il n’a pas été question…ou si peu.

De la reconnaissance pour les enseignants

Maltraités toutes ces dernières années, les enseignants des écoles attendent légitimement de la considération, de la confiance, et une reconnaissance de leur engagement professionnel au service de la réussite pour tous leurs élèves. Or, force est de constater que rien de sérieux dans ce projet de décret ne va dans ce sens.

  • Les décisions d’organisation de la semaine scolaire pourraient être prises sans recueillir l’avis du conseil d’école. Pourtant, associer les enseignants, solliciter leur expertise dans un partenariat bien compris sont une condition de la réussite de la réforme.Le texte doit là aussi évoluer et prévoir l’accord du conseil d’école pour toute modification d’organisation du temps scolaire.
  • 23 heures hebdomadaires de classe et trois heures consacrées à toutes les autres dimensions du métier, c’était la demande du SNUipp durant toutes les discussions préalables à la rédaction du texte. Le ministre y est resté sourd et le décret n’apporte pas de précisions sur la répartition des 108 heures, notamment en ce qui concerne les fameuses « aides pédagogiques complémentaires » dont le volume horaire relève du temps de service des enseignants. En tout état de cause, l’organisation de celles-ci doit être laissée aux équipes enseignantes.
  • Enfin, rien non plus sur les salaires des enseignants des écoles, alors même qu’ils auront à supporter des coûts supplémentaires liés à cette réforme. Leur pouvoir d’achat ne cesse de se dégrader etle ministre doit au plus vite faire des propositions sur la revalorisation de leurs rémunérations

En l’état du projet de décret, le compte n’y est donc pas et le SNUipp a émis un vote défavorable. Pour autant, opposé au statu quo, il souhaite que ses propositions qui concilient intérêt des élèves et des enseignants soient prises en compte. Un nouveau texte, profondément remanié doit pouvoir être soumis à un prochain CSE. La balle est maintenant dans le camp de Vincent Peillon.

Lire :
ladéclaration du SNUipp-FSUau CSE

 

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