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18 décembre 2012

“PLUS DE MAÎTRES QUE DE CLASSES
LE MÉTIER EN ÉQUIPE” 

Plus de maîtres que de classes, une revendication du SNUipp enfin prise en compte mais qu’il faut désormais mettre en musique et généraliser.

Enfin ! Le« plus de maîtres que de classes », revendication historique du SNUipp, est désormais passée dans le domaine public. Dans la déclinaison de la priorité au primaire affichée par le gouvernement, ce dispositif doit voir le jour dans certaines écoles. Sur la mandature, 7000 des 60 000 créations de poste annoncées y seront consacrées. Les modalités de la mise en œuvre feront l’objet prochainement d’une circulaire du ministère (lire p 13). Le Plus de maîtres que de classes ce n’est pas à proprement parler une nouveauté. De tels postes existaient déjà dans quelques départements. Désormais, les zones ciblées seront celles de l’éducation prioritaire et les territoires ruraux en difficulté. Pour le SNUipp qui souhaite une programmation pluriannuelle et une marche vers la généralisation du dispositif, ces premières créations vont dans le bon sens. Pour passer du slogan à la pratique, rien ne peut se décréter. Si dans quelques départements des mesures particulières ont déjà été prises, le dispositif a été voulu, comme le préconisait le syndicat, en tant que levier qui participera à la prévention de l’échec scolaire et à la réussite de tous les élèves. À quelle condition peut-il améliorer le résultat des élèves ?

Professeur en sciences de l’éducation, Bruno Suchaut développe :« si l’utilisation de l’enseignant supplémentaire ne fait pas l’objet d’une réflexion commune de la part de l’équipe enseignante et n’est pas intégrée aux activités habituelles, il y a de forts risques que cela ne procure pas les effets escomptés ». Autrement dit,« l’organisation pédagogique de l’école doit être pensée pour intégrer dans le projet l’intervention »du surnuméraire (lire l’entretien).

De la liberté pour les équipes

D’évidence, c’est bien une autre manière de fonctionner qu’il faut mettre en place, même s’il n’existe pas de modèle pré établi. En ce sens le ministère devrait laisser aux équipes le soin de définir les modalités d’intervention du maître supplémentaire en fonction de la situation et du contexte de l’école, en fonction des besoins de l’équipe. Les enseignants auront donc la main. Il leur faudra rompre avec le modèle hérité de Jules Ferry, celui de l’enseignant seul maître à bord. En Seine-Saint-Denis, suite à une mobilisation, les enseignants avaient obtenu en 1998, 42 postes surnuméraires. Depuis leur nombre a diminué mais dans les écoles où ils ont été maintenus, travailler avec un tel dispositif est devenu une évidence. À l’école Romain Rolland de Stains par exemple, la« maîtresse sup »s’occupe de l’exploitation de la BCD tout en co-intervenant avec ses collègues dans les classes sur les activités de lecture et de littérature ou en prenant en charge des petits groupes sur des activités précises.« Le maître supplémentaire permet de faire évoluer les pratiques, est un ciment pour le travail en équipe »souligne une des enseignantes (lire l’article). À Martigues, dans les Bouches-du-Rhône, le directeur de l’école Tranchier souligne cette dimension : les relations entre les enseignants ont été modifiées avec davantage de travail en équipe (lire l’article). Une attitude qui permet de partager son savoir, de construire une pédagogie commune, de porter des regards croisés sur les difficultés, mais aussi sur les réussites des élèves.

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Pour une manière ordinaire de travailler

Travailler de la sorte est-il plus efficace pour les élèves ? À Martigues comme à Stains, si on ne se prononce pas définitivement sur la question on note les effets positifs : moins de redoublements par exemple, des résultats plutôt meilleurs, des acquisitions langagières facilitées, une ambiance plus sereine dans l’école. En réalité peu d’études de grande ampleur ont été faites en France sur ce dispositif. Une expérimentation avait été lancée par la DEP entre 2001 et 2003, deux années scolaires, trop bref pour évaluer. Le rapport produit à l’issue de cette période soulignait l’impression d’une amélioration du comportement des élèves, il relevait aussi la difficulté d’apprécier l’impact sur les performances scolaires (lire l’article). Pour autant il faut aussi avoir conscience que si le maître supplémentaire fournit l’occasion d’un renouveau pédagogique, il ne saurait être à lui tout seul la clef de la réussite de tous les élèves. Pair parmi ses pairs, il ne doit pas être perçu comme un maître spécialisé. Face à la difficulté lourde, l’intervention des RASED reste indispensable.

Lors d’un colloque organisé le 14 novembre, le SNUipp s’est aussi penché sur la question de l’accompagnement de la mise en place du dispositif. Ce qui sera déterminant pour que son implantation dans les écoles soit réussie et devienne une manière« ordinaire »de travailler. Formation initiale pour les nouveaux, continue pour les titulaires, il faudra bâtir une tout autre culture professionnelle. Du temps devra être libéré pour permettre la nécessaire concertation. Les cadres intermédiaires auront un rôle important à jouer, mais dans la juste mesure.« Un bon pilotage, c’est apporter des aides à l’analyse des difficultés et permettre à l’école de définir elle-même ses types de fonctionnement », disait un participant au colloque (lire l’article).« Quelles que soient les injonctions, à partir du moment où on crée une nouvelle ressource pour une organisation, cette ressource va être interprétée de façon très différente en fonction des besoins de cette organisation et des négociations internes », prévient la sociologue Françoise Lantheaume (lire l’entretien). Pour elle,« le maître supplémentaire pourra être utilisé pour tenir la classe, pour aider aux apprentissages ou même pour faire en sorte… que rien ne change ». Un écueil à éviter en se donnant les moyens de réussir« le plus de maîtres que de classes ».

L’ensemble du dossier :

 

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