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5 mars 2015

Nouveau socle : présentation

Conformément à la loi de 2013 qui annonçait dans son article 13 un nouveau socle commun, le Conseil supérieur des programmes (CSP) a rendu public le nouveau projet retravaillé suite à la consultation des enseignants de novembre dernier. Ce nouveau socle doit être présenté au CSE du 12 mars prochain.

Celui-ci est composé de 5 domaines qui constituent la culture scolaire commune à tous les élèves.

  1. - Les langages pour penser et communiquer
  2. - Les méthodes et outils pour apprendre
  3. - La formation de la personne et du citoyen
  4. - Les systèmes naturels et les systèmes techniques
  5. - Les représentations du monde et l’activité humaine


Le socle de 2005 ne définissait que les compétences et connaissances à acquérir par les élèves à travers les 7 piliers en référence aux compétences clés européennes. Ce nouveau socle tourne le dos aux compétences européennes et définit les grands enjeux de formation d’une culture commune pour tous les élèves. S’il définit aussi des compétences et connaissances, il leur donne une nouvelle définition : « une compétence est l’aptitude à mobiliser ses connaissances et capacités pour accomplir ou traiter une situation qui nécessite la combinaison de ressources diverses. Compétences et connaissances ne sont ainsi pas en opposition. »

Les programmes, la référence pour le travail des enseignants :

ce sont les programmes de cycle à venir qui seront la référence professionnelle pour les enseignants en fixant les contenus d’enseignement et les attendus de fin de cycle. (art 2 : Les objectifs de connaissances et de compétences de chaque domaine de formation sont déclinés dans les programmes d’enseignement prévus à l’article L. 311-3). Si cet article semble signifier la fin de la double prescription socle-programme que demande le SNUipp, cela devra être vérifié à la lecture des nouveaux programmes.

Une culture commune pour la poursuite d’étude :

Si le socle Fillon ne se projetait pas au-delà de la troisième, celui-ci prévoit la poursuite d’étude et est présenté comme un tremplin pour le(s) lycée(s) :« Elle donne aux élèves une culture commune, fondée sur les connaissances et compétences indispensables, qui leur permettra de s’épanouir personnellement, de développer leur sociabilité, de réussir la suite de leur parcours scolaire quelle que soit la voie choisie (générale, technologique, professionnelle), de s’insérer dans la société où ils vivront et de participer, comme citoyens, à son évolution ».

Une culture commune qui favorise la créativité et l’esprit critique :

en effet elle « ouvre à la connaissance, forme le jugement et l’esprit critique, fournit une éducation générale ouverte et commune à tous et fondée sur des valeurs qui permettent de vivre dans une société tolérante, de liberté. Elle développe les capacités de compréhension et de création, les capacités d’imagination et d’action, accompagne et favorise le développement physique, cognitif et sensible des élèves, en respectant leur intégrité. »

L’engagement de l’élève affirmé :

« L’élève engagé dans la scolarité apprend à réfléchir, à mobiliser des connaissances, à choisir des démarches et des procédures adaptées, pour penser, résoudre un problème, réaliser une tâche ou un projet, que ce soit dans une situation habituelle ou dans une situation nouvelle ou inattendue. »

La liberté pédagogique des enseignants avancée :

Les enseignants définissent les modalités les plus pertinentes pour parvenir à ces objectifs en suscitant l’intérêt des élèves, et centrent leurs activités ainsi que les pratiques des enfants et des adolescents sur de véritables enjeux intellectuels, riches de sens et de progrès.

Des points aveugles

Ce nouveau socle ne constitue qu’une petite pièce du puzzle des nouveaux contenus d’enseignements. Ici, ne sont fixés que des grands principes. Le plus important et le plus déterminant pour les acquisitions des élèves et le travail des enseignants reste à venir.

L’évaluation.

La question de sa forme, des attendus, reste entière. Si comme il est écrit : « Le socle commun identifie les connaissances et compétences qui doivent être acquises à l’issue de la scolarité obligatoire », cela pose clairement la question des modalités et des outils d’évaluation et de validation, sachant que la maîtrise du socle est validée par l’obtention du DNB. Il faut obtenir l’assurance qu’on évalue bien les programmes et qu’il y a abandon du LPC, et que le DNB reste bien un diplôme et non juste une validation du socle.

Les programmes de cycles 2, 3 et 4.

Ils ne sont pas encore connus. Leur projet doit être rendu public en mars avec consultation des enseignants en mai et entrée en vigueur à la rentrée 2016. Ce sont les programmes qui vont orienter le travail des enseignants et définir les ambitions pour les élèves.

Évaluation et programmes de cycle constituent donc deux points aveugle. C’est pourtant l’articulation et le contenu de tous ces éléments qui permettront de juger de la cohérence, de l’ambition et de l’opérationnalité du projet d’ensemble.

Des points d’exigence

Le décret ne peut évidemment pas indiquer les moyens de mise en œuvre, mais ce sont bien ceux-ci qui contribueront à la mise en musique du socle et des programmes par la suite. Pour que ce socle soit vraiment un outil de lutte contre les inégalités et de réussite de tous cela nécessite des moyens : en temps, en effectifs, en formation, en RASED, en outils numériques ….

 

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