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22 septembre 2015

Dictée et nouveaux programmes 
des vérités bonnes à rétablir

Alors que la ministre a annoncé la priorité aux savoirs fondamentaux et communique sur une pratique quotidienne de la dictée, le SNUipp-FSU lui rappelle quelques vérités.

Lors de la présentation des projets de programmes pour l’école primaire qui entreront en vigueur à la rentrée 2016, la ministre a annoncé la priorité aux savoirs fondamentaux avec notamment la pratique de la dictée quotidienne. Une fois de plus, l’école primaire se trouve l’instrument d’un « coup politique » comme le titre le journalLe Monde du 20 septembre, ce qui jette le trouble sur notre travail et celui des enfants à l’école. 


« Nous refusons que l’école soit l’instrument d’un coup politique ». Dans ce cadre, le SNUIpp-FSU le SNUipp-FSU s’est adressé à la ministre pour lui demander d’apporter publiquement les clarifications nécessaires sur le contenu de ces nouveaux programmes qui sont intéressants mais ne prescrivent absolument pas de dictée tous les jours. Les enseignants du primaire n’ont pas à être infantilisés. Notre ministre de tutelle doit respecter les enseignants, qui sont des professionnels à part entière. A l’heure où se tienne les réunions de rentrée parents-enseignants, ce sont d’ailleurs nous enseignants qui allons devoir rassurer les parents et leur expliquer ce qu’il en est vraiment.

Quelques vérités toujours bonnes à rétablir

« Lire, écrire compter » la mission de l’école primaire depuis toujours.
De tout temps, les programmes ont insisté sur l’importance de la maîtrise de la langue, de la lecture, de l’écriture et du calcul. Au quotidien, nous ne nous trompons pas puisque nous consacrons beaucoup de temps et d’énergie à ces apprentissages avec rigueur et professionnalisme. Notre école évolue comme la société. Apprendre à lire, à écrire et à compter doit se faire en lien avec les nouvelles connaissances culturelles, scientifiques, artistiques … 

Non, la dictée n’a jamais disparu. 
C’est une forme d’exercice pratiquée depuis toujours dans les classes et présente dans les programmes actuels et anciens comme une activité possible. 

Non, les nouveaux programmes n’évoquent pas de dictée quotidienne. 
Ils parlent des ’activités diverses’ pour ’résoudre les problèmes orthographiques’ qui peuvent comprendre ’des dictées courtes sous une variété de formes (…) et pratiquées de manière rituelle ’.En parlant de dictée quotidienne, la ministre se livre ici à une interprétation toute personnelle. 

Oui, il peut y avoir de multitude de manière de faire des dictées. 
Auto dictée, à deux, préparée, caviardée, dictée sans erreur, à choix multiples, dictée dialoguée ou négociée… Dans tous les cas, ce sont les enseignants qui sont maîtres des choix des modalités pédagogiques. 

Non, la dictée n’est pas la recette miracle pour maîtriser l’orthographe. 
Aucune étude ne montre que la seule pratique de la dictée fait monter le niveau des élèves en orthographe. Rien ne sert d’appliquer une règle comme un automate. L’important est de bien la comprendre et de la réinvestir en situation. Les nouveaux programmes ne s’y trompent d’ailleurs pas. Ils insistent sur les activités d’observation et de manipulation sur des textes lus en classes : « L’étude de la langue s’appuie essentiellement sur des tâches de tri et de classement, donc de comparaison, des activités de manipulation d’énoncés (substitution, déplacement, ajout, suppression) à partir de corpus soigneusement constitués, a¬fin d’établir des régularités […] Les connaissances se consolident dans des exercices et des situations de lecture et de production d’écrits » 

Apprendre, c’est donc s’entraîner et surtout comprendre.
Bien évidemment, les élèves ont besoin de s’entraîner au travers par exemple des exercices d’automatisation, un peu comme lorsqu’on fait des gammes au piano. Mais cela ne saurait suffire. Les élèves ont besoin de réfléchir, de découvrir, de manipuler et de comprendre… À ce titre, les nouveaux programmes insistent surtout sur l’importance du raisonnement et de la compréhension dans l’apprentissage de l’orthographe mais aussi du calcul et de la lecture. Nous ne voulons pas former des élèves qui utilisent des recettes sans comprendre. Pour bien apprendre, les élèves ont besoin de bien comprendre. 

Les nouveaux programmes ne se limitent pas à la dictée et au calcul. 
Les nouveaux programmes mettent aussi l’accent sur le rôle essentiel de l’EPS, des arts, des sciences, de l’histoire et de la géographie… Et c’est tant mieux ! Nous sommes également très attachés au développement global des élèves. Il est indispensable que les programmes soient ambitieux et exigeants. 

Réussir, c’est aussi apprendre dans de bonnes conditions. 

On n’apprend pas de la même manière dans une classe de 30 que dans une classe de 22 élèves. Tout cela paraît être du bon sens. Et pourtant, c’est loin d’être le cas dans toutes les écoles. Les élèves ont également besoin d’évoluer dans un cadre de travail calme et sécurisant, adapté à chacun. Avoir peu d’élèves par classe, pouvoir travailler en petits groupes sont des conditions importantes pour l’apprentissage et la réussite. 

 

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