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4 septembre 2016

APC 
y voir plus clair

Les APC introduites en 2013 sont le prolongement direct de l’aide personnalisée mise en place en 2008 par le ministre Xavier Darcos, et qui avait servi de prétexte pour supprimer plus de 5 000 postes de RASED.

Poursuivant plusieurs objectifs (aide à la difficulté scolaire, aide au travail personnel, travail en lien avec le projet d’école), ces APC constituent une sorte d’OVNI dont le sens pédagogique et l’intérêt pour les élèves sont loin d’être évidents.

Essayons d’y voir plus clair en décryptant quelques affirmations communément employées au sujet des APC.

Faîtes comme près de 31 000 enseignants en france (et plus de 400 en Eure-et-Loir) engagez vous à ne plus mettre en place les APC.

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Les APC sont indispensables aux élèves.

Si tel était le cas, comment expliquer que certains en sont privés ?

En effet, tous les élèves ne sont pas logés à la même enseigne. Les APC sont facultatives et les parents peuvent donc s’y opposer, ce qui n’est pas le cas pour les aides dispensées sur le temps scolaire par les enseignants. D’autres élèves, parce que leurs enseignants sont partiellement ou totalement exemptés de la mise en œuvre des APC ne sont pas concernés.

Les APC aident les élèves en difficultés.

Aucune étude ne le confirme.

Celles qui ont analysé l’aide personnalisée qui pourtant ciblait exclusivement cette dimension, sont très critiques. Une recherche universitaire de 2012 montrait que l’aide s’appuyant sur une reproduction des pratiques ne montrait pas son efficacité. En 2013, l’Inspection générale a souligné le danger d’externaliser l’aide, ce qui revient à écarter ces élèves des enjeux d’apprentissage de la classe. On peut certes apprécier d’avoir quelques heures dans l’année un petit groupe d’élèves. Mais les pistes les plus prometteuses résident dans des pédagogies adaptées et différenciées en lien continu avec la classe. Cela nécessite prioritairement une baisse des effectifs ou le développement du « plus de maîtres que de classes ».

Les élèves ont besoin de journées d’enseignement moins longues.

Mais alors pourquoi certains élèves, souvent les plus en difficultés, ont-ils des journées rallongées avec les APC ?

Depuis la réforme des rythmes, les élèves naviguent parfois dans la confusion entre APC et temps d’activité périscolaire (TAP). Au final, la journée d’un élève n’est pas plus courte qu’avant. Il aurait été plus simple d’abandonner ces 36 heures annuelles d’APC, permettant ainsi aux enseignants des écoles de travailler différemment et de se rapprocher du temps d’enseignement de leurs collègues du second degré, ou encore de leurs homologues européens.

Sans les APC, la difficulté scolaire lourde va progresser.

Si les enseignants sont capables, pour surmonter des difficultés passagères de leurs élèves, de mettre en œuvre de la différenciation au sein de leur classe, ils ne sont pas formés et peu préparés pour agir sur des difficultés plus lourdes.

Les réseaux d’aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) avaient été mis en place pour analyser et remédier à ces difficultés d’apprentissage. Or, aujourd’hui, le manque d’enseignants au sein de ces réseaux ne permet pas de répondre à toutes les demandes des écoles. La formation continue, par ailleurs, est exsangue.

Supprimer les APC susciterait incompréhension et inquiétude des parents.

Qui peut croire que ces 36 heures annuelles vont résoudre le grand défi de l’échec scolaire ?

Tout ne se règle pas en une petite heure par semaine après l’école. Par contre, le temps de classe propose un temps d’action pédagogique plus long et plus efficace. Des réseaux d’aides spécialisées, des classes moins chargées, un temps d’enseignement diminué pour des enseignants alors plus disponibles pour le travail en équipe et la relation aux parents, une réelle formation continue, ce sont ces moyens et ces ressources qu’il faut mettre en œuvre si on veut réellement améliorer l’école.

Je m’engage pour la fin des APC

 

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