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24 août 2017

FORMATION
Enseigner, un métier qui s’apprend !

Les enseignant-es ont besoin d’une formation initiale et continue de qualité !

 Conditions de formation à revoir

Quatre ans après sa mise en place, le bilan de la réforme de la formation initiale reste insatisfaisant.
Les professeurs stagiaires ont payé au prix fort les politiques de l’ère Sarkozy qui avait aboli la formation. La formation initiale a été remise en place en 2012. Cette réforme souffre d’une insuffisance d’investissement qui ne permet pas aux stagiaires de se consacrer sereinement à l’apprentissage du métier d’enseignant. Ils vivent une entrée dans le métier très difficile, stressante, fatigante avec une surcharge de travail, notamment du fait du mi-temps en responsabilité. Il y a un problème structurel et organisationnel de la formation.

Le manque de cadrage national entraîne une grande disparité dans les contenus et volumes de formation, dans la mise en place du tronc commun et dans les exigences concernant le mémoire.

 Crise de recrutement

Les résultats du CRPE 2017 démontrent une nouvelle fois que le métier de professeurs des écoles fait face à une crise de recrutement installée dans la durée.

En effet, pour cette session 2017, 573 recrutements ne seront pas effectués. Au total, depuis 6 ans auxconcours, ce sont 2796 recrutements perdus.

Cette situation conduit au recours massif à des contractuels sans formation et installe la précarité dans nos écoles. Cette crise est particulièrement problématique dans les académies les plus déficitaires comme Créteil, Versailles ou la Guyane.

Cette crise de recrutement a des raisons multiples : la baisse du nombre de places aux CRPE sous M. Sarkozy, l’augmentation du niveau de recrutement sans aucune politique volontariste d’accès aux études (pré-recrutements, aides sociales) et, enfin, des conditions d’entrée et d’exercice du métier et de rémunération insatisfaisantes

 Formation continue des enseignants du premier degré : en berne.

Pour l’OCDE, « La formation professionnelle continue à autant d’importance, si ce n’est plus parfois, que la formation initiale dans le succès d’un système d’éducation. » En France, malgré le signal d’alarme donné par la Cour des comptes (dans son référé du 14 avril 2015) face à la faiblesse de la formation continue dans le primaire, la situation continue d’empirer. La Cour des comptes pointait l’écart entre la moyenne du volume de formation en France et dans les pays de l’OCDE (deux jours et demi contre une moyenne de huit en 2013). Elle soulignait par ailleurs, le scepticisme, très majoritaire parmi les enseignants, sur l’aide que leur apportent ces formations dans leur travail quotidien, formation jugée très faible, sans lien étroit avec les besoins concrets exprimés. Elle mettait également à l’index l’Éducation nationale pour défaut de remboursement des frais de déplacement, de restauration et d’hébergement. Le Bilan social publié par le ministère dresse lui aussi un état des lieux peu reluisant de l’offre de la formation continue. Hors animations pédagogiques, on y lit une chute de près de 53% du nombre de journées stagiaires entre 2005 et 2015 (de 882 003 journées stagiaires en 2005 à 417 500 en 2015). Moins de volume de formation donc, mais dans le même temps plus de modules touchant plus de stagiaires … sur des formats de plus en plus courts. Ainsi en 2014/2015, 626 200 journées-stagiaires ont été enregistrées (contre 755 800 en 2012/2013), représentant en moyenne 3,4 jours (contre 4 en 2012/2013) de formation par personne présente, et 1,9 jour (contre 2,3 en 2012/2013) rapportés à l’ensemble des personnels. Le constat n’est donc pas reluisant !

L’idée d’une formation continue ambitieuse et de grande qualité est inscrite dans la feuille de route du nouveau ministre. Le programme « Macron » prévoit que tout enseignant devrait bénéficier d’au moins trois jours par an de formation continue adaptée aux besoins rencontrés dans sa classe. C’est déjà le cas si les animations pédagogiques sont comptabilisées ! Il est aussi envisagé que la moitié de ces heures de formation pourra être effectuée via des modules en ligne. S’il s’agit de Magistère et des MOOC, rien ne nouveau … et toujours pas d’embellie en vue !

 Les propositions du SNUipp-FSU :

  • Des pré-recrutements dès la 1re année de Licence avec une rémunération permettant de se consacrer entièrement à ses études
  • Un concours sous condition de licence, placé en fin de L3, avec possibilité de se présenter dans plusieurs académies.
  • Des temps de stages en classe ne dépassant pas un tiers temps, passant de l’observation à la responsabilité et permettant d’appréhender tous les cycles. Une entrée dans le métier progressive jusqu’à deux années après
    la titularisation (T2) avec une première année (T1) à mi-temps, permettant de compléter sa formation et d’analyser sa pratique.
  • Une véritable formation rémunérée de deux ans, sous statut de fonctionnaire stagiaire, avec des volumes et contenus de formation renforcés, nationaux, et validée par un master.
  • L’extension du concours supplémentaire à toutes les académies déficitaires pour répondre à l’urgence.
  • La garantie pour chaque enseignant d’au moins une semaine de formation par an, sur le temps de travail, sur des problématiques librement choisies, en lien avec la recherche, et permettant d’être formé au travail en équipe,
    ainsi qu’aux pédagogies coopératives et innovantes.
  • Une solide formation de formateurs (suivi, accompagnement, recherche) et une place plus affirmée des maîtres formateurs et conseillers pédagogiques
    notamment dans les ESPE.

Plus d’informations…

 

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