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31 mai 2007

Zoom carte scolaire

La carte scolaire créée en 1963 vise à découper le territoire en zones de recrutements des écoles, collèges et lycées publics. Si ce découpage impose à chaque famille l’obligation d’inscrire son enfant dans l’établissement du secteur géographique de son domicile, il constitue d’abord et avant tout un droit qui garantit une place pour son enfant. Ce système, qui visait notamment à assurer une plus grande mixité sociale, rencontre un certain nombre de limites aujourd’hui, notamment dans les grandes villes et plus particulièrement à partir du collège. L’existence même de véritables ghettos urbains rend en effet impossible toute mixité sociale dans les établissements qui recrutent sur les quartiers concernés. Différents modes de contournement existent déjà : choix d’options ou de sections plus ou moins rares, fausses adresses mais aussi recours à un enseignement privé de plus en plus financé par l’État. Ceux qui en ont les moyens choisissent aussi leur lieu de résidence en fonction de l’établissement scolaire. Rien ne justifie pour autant de remettre en cause la carte scolaire, ni même de l’assouplir. Sa suppression, derrière l’apparence d’une liberté nouvelle, accentuerait les inégalités dans de nombreux quartiers. Prétendre donner le choix aux familles revient, en réalité, à permettre à certains établissements de sélectionner leurs élèves, pénalisant ainsi les familles (et leurs enfants) les plus défavorisées socialement. Cela revient à renforcer la ghettoïsation des établissements les moins attractifs, phénomène qui ne peut qu’être aggravé si on permet par ailleurs aux « meilleurs » élèves des zones difficiles (ceux qui obtiennent une mention B ou TB au brevet dans les collèges « ambition réussite ») de choisir leur lycée. Cela pourrait également avoir des conséquences explosives dans les Inspection du Travail, de l’Emploi et de la Politique Sociale Agricoles) zones rurales où de nombreuses écoles de villages risqueraient de connaître un départ d’élèves vers les villes les plus importantes. Un assouplissement ne pourrait que conduire à un renforcement de l’autonomie et de la mise en concurrence des établissements scolaires.

Pour toutes ces raisons, la FSU se prononce clairement pour le maintien de la carte scolaire. Elle demande un bilan sur la situation actuelle pour discuter des améliorations à y apporter pour viser une réelle mixité sociale. Elle estime que seule une politique éducative qui permette l’existence d’une École publique de qualité sur tout le territoire avec des moyens considérablement renforcés dans les secteurs les plus fragiles peut permettre au système éducatif de remplir ses missions au service de tous les élèves. Il est dans le même temps indispensable de mener des politiques urbaines permettant une réelle mixité sociale dans les établissements scolaires.

Cela suppose notamment :

• de mettre en place une politique de la ville beaucoup plus ambitieuse qui s’attaque réellement aux ghettos et de repenser la politique économique vers plus de justice sociale

• d’assurer une réelle diversité de l’offre de formation sur l’ensemble du territoire (carte des options, implantation de formations post-bac…)

• d’améliorer les conditions d’enseignement et de vie dans les établissements à fort recrutement populaire en leur attribuant des moyens supplémentaires

• de doter chaque établissement du 2nd degré selon le nombre d’élèves scolarisables et non celui d’élèves scolarisés.

Toute demande de dérogation devrait par ailleurs faire l’objet d’un examen attentif par une commission associant représentants des parents, des personnels et représentants de l’éducation nationale.

La FSU est en désaccord avec la décentralisation des compétences de la carte scolaire des collèges aux conseils généraux et réclame que cette compétence revienne à l’État.

Mandat FSU adopté au congrès de Marseille - Février 2007

 

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