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6 juillet 2007

Le Premier Ministre Fillon à Dreux jeudi 5 juillet. La FSU reçue

Une délégation de la FSU a été reçue par M. Roger Chudeau (IGEN et ancien IA), conseiller technique auprès du premier Ministre, en charge des questions d’Éducation.

La délégation était composée de Jean-Christophe RETHO (SNUipp), Pascal ROLANDO (SNES) et Jean KLEIN (SNUipp et FSU).

Nous avons été reçus par M. Chudeau et la secrétaire de la sous-préfecture de Dreux, accompagnés de M. PICOCHE, Inspecteur d’Académie à qui le cabinet de M. FILLON avait demandé d’être présent lors de notre audience.

Les récentes déclarations des membres du gouvernement concernant les fermetures annoncées de postes dans la fonction publique et plus particulièrement dans l’Éducation Nationale ont servi d’introduction à notre propos :

10000 selon M. Darcos, démenties par M. Fillon dans son discours de politique générale, puis confirmées et même augmentées (17000) dans la presse du matin par le ministre de l’EN.

Nos craintes sont donc très vives. Cela correspond à l’engagement pris par le candidat Sarkozy, devenu Président de la République, de ne pas renouveler un départ sur deux à la retraite dans la fonction publique !

35000 départs à la retraite dans l’Éducation Nationale : ½ correspond bien à 17500 personnels !

M. Chudeau a voulu nous rassurer, sans y parvenir. En effet, s’il a tenu à affirmer que seule l’assemblée nationale trancherait dans le cadre du débat sur la loi de finances le 16 juillet, il nous a bien confirmé que l’engagement de campagne du Président de la République serait tenu !!!

Nous avons pointé notre satisfaction d’avoir vu le décret « Robien » abrogé, concernant les horaires de services des profs du secondaire, tout en réaffirmant que cela avait été possible grâce à la mobilisation et l’action des personnels.

Là encore, nous avons le sentiment que notre vigilance est légitime. En effet, si le conseiller de Fillon nous a confirmé que le décret avait été abrogé très rapidement, il a expliqué qu’il représentait un signal clair, et que c’était un geste d’apaisement. En revanche, l’esprit du décret Robien reste valable et c’est bien dans le sens de ce qu’il prévoyait que le gouvernement (il faut sans doute entendre « le Président de la République ») entend travailler.

  Plusieurs dossiers de portée nationale ont été également évoqués concernant le premier degré par Jean-Christophe RETHO et Jean KLEIN :

Les EPEP :

Le SNUipp a réaffirmé son opposition à leur mise en place.

M. Chudeau s’est voulu toujours rassurant. « Rien ne peut se faire sans l’accord des municipalités ». Nous n’avons pas jugé cela rassurant, bien au contraire. Nous avons rappelé notre opposition ferme à tout dessaisissement de l’école sur les décisions qui la concernent en premier chef. Nous restons totalement opposés à la mainmise des élus majoritairement sur ce dossier.

Il n’y aurait pas de doctrine gouvernementale sur cette question.

La direction et le fonctionnement des écoles :

Là aussi le désaccord est manifeste. Dans la discussion, il a été rappelé qu’un protocole avait été signé et qu’il devait s’appliquer. Notre interlocuteur a déduit de la teneur de nos propos que nous n’étions pas signataires de ce protocole… Nous lui avons rappelé qu’il avait 3 chances sur 4 de « tomber » sur des interlocuteurs qui dénonçaient ce protocole, signé par une organisation syndicale extrêmement minoritaire. Ce à quoi il nous a répondu qu’une association de directeurs semblait ne pas être sur la même longueur d’onde que nous… (Tout en reconnaissant que ses responsables ne représentaient certes qu’eux-mêmes puisque n’ayant jamais sollicité de suffrages des collègues).

Quoi qu’il en soit, il a préciséque, pour le gouvernement, la condition des enseignants devait et allait être revalorisée, en reconnaissant que cela se ferait grâce aux suppressions de postes. Mais cela se fera dans la concertation… ( !)

Il faut de toute façon, selon lui, aller vers plus (+) d’autonomie des établissements. Si on peut comprendre ce que ça veut dire pour le 2nd degré on voit mal comment cela peut se décliner pour le 1er degré (sauf à imaginer le pire).

La loi de février 2005 sur la scolarisation des élèves handicapés :

Sans revenir sur le fond et le détail de cette loi et de sa mise en œuvre, nous avons souligné que les approximations ont été la règle et que ce sont les élèves qui en pâtissent autant que les enseignants.

Dans notre département, il est évident que cela se fait mal et au détriment des élèves en difficulté, avec un affaiblissement des RASED.

Base-élèves :

Pour M. Chudeau, « c’est un outil formidable, c’est le progrès et vous allez voir combien cela va vous faciliter la tâche ! »

Nous avons très clairement signifié notre opposition à ce dispositif qui vient de monter ses failles. Nous avons également souligné que nous n’étions pas naïfs. Nous ne pouvons pas prendre le risque d’être un rouage des lois Sarkozy-Hortefeux, sur l’immigration (Nationalité ou sur la prévention de la délinquance (signalements). Une fois de plus nous avons pu faire le constat de notre désaccord, et s’il est apparu règlementaire que les directeurs refusent de remplir des champs pour lesquels ils ne sont pas habilités à recueillir des informations, pour M. Chudeau, les services de l’état civil pourront le faire… Pour le reste, il faut réfléchir aux verrous qu’il faudra mettre en place…

Les élèves de familles de « sans papier » :

Nous sommes rapidement revenus sur les incidents du début de l’année scolaire. Le conseiller du Premier Ministre est apparu « étonné » et a rappelé que les forces de l’ordre n’intervenaient pas dans les écoles. L’Inspecteur d’Académie a convenu qu’il y avait eu un problème, mais selon lui, il avait été amplifié par des communications qui avaient un peu transformé la réalité. Quoi qu’il en soit, c’était réglé.

Situation départementale :

En terme d’effectifs, nous avons rapidement dressé le portrait de l’Eure-et-Loir :

  • Augmentation du nombre d’élèves et dotations très insuffisantes.
  • Gros retard sur tous les indicateurs reconnu par tous les acteurs et partenaires de l’École (votes unanimes répétés du CDEN sur cette question depuis des années).

Nous avons donc rappelé nos craintes sur l’ASH et sur la maternelle particulièrement où nous accusons un gros retard et d’importants reculs.

  Nous avons ensuite abordé les questions concernant le 2nd degré :

Pascal ROLANDO est revenu sur le décret Robien et rappelé l’inquiétude et la vigilance des personnels.

M. Chudeau a donné la position du gouvernement : il est indispensable de procéder à un « toilettage » des décrets. Dans le même temps, la résorption de la dette publique est le mandat sur lequel le Président de la République a été élu, et il le mettra en œuvre. Pour lui, une évolution des statuts est indispensable et avec elle, une évolution des missions. Le message est clair…

Au détail de la situation en terme d’effectifs et a contrario de ce qui se passe dans le 1er degré, le Ministère a fermé 1 poste pour 12 élèves de moins (alors qu’il n’en ouvre qu’1 pour 50 dans les écoles maternelles et élémentaires et 1 pour 80 l’an passé !).

Le nombre d’élèves par division augmente très sensiblement d’année en année.

Les dédoublements en langues vivantes deviennent de moins en moins possibles.

Pour le SNES et pour la FSU, cette gestion « à court terme » conduit à ne pas profiter d’une stabilité relative des effectifs pour tenter de faire évoluer nos pratiques. Cela va à l’encontre de l’intérêt des élèves et se traduit par une dégradation des conditions de travail des enseignants. Nous ne pouvons l’accepter.

Carte scolaire :

Nous avons souligné les effets pervers d’un « assouplissement » du dispositif.

M. Chudeau a répondu, qu’il fallait re-rendre certains établissements « attractifs » sur la base de nouveaux projets, afin que les parents n’aient pas envie de les quitter.

Cette approche semble n’avoir rien à voir pour nous avec une pseudo volonté de mixité sociale. Il semble bien s’agir d’une mise en concurrence des établissements entre eux. Nous avons également le sentiment qu’est en train de se mettre en place un tri des établissements en fonction des résultats de leurs élèves. Il y a bien là un désaccord majeur sur la conception de l’École en général.

Pour terminer, nous avons évoqué le calendrier scolaire de l’année 2007-2008.
Les parents d’élèves ont dans de nombreux endroits, déjà souligné la difficulté que représente la semaine du 8 mai. Cela a conduit des écoles et le SNUipp a écrire à l’IA pur demander que le Vendredi 9 mai soit vaqué. La réponse ne pouvant être que nationale, Le conseiller de M. Fillon a conseillé à l’IA de poser une question écrite au Ministre qui devrai lui répondre.

En conclusion, la délégation a demandé que des moyens nouveaux soient accordés à notre département pour la rentrée prochaine.
On le voit, peu de réponses précises (on pouvait s’en douter), mais plusieurs points affichés :

  • La réduction de la dette comme credo.
  • Une nouvelle approche de l’École et de ses missions.
  • Une analyse des indicateurs par le filtre des résultats.
  • Un tri des personnels sur des critères selon nous subjectifs, pour revaloriser leur condition.
  • Une revalorisation des enseignants sur l’autel des fermetures de postes.

Si la courtoisie de l’entretien a été manifeste, elle n’a pu, malgré tout, que renforcer nos inquiétudes.
Les mauvaises décisions ne deviennent pas bonnes parce qu’elles sont signifiées avec le sourire…

 

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