www.snuipp.fr

SNUipp-FSU 28 | Eure-et-Loir

Vous êtes actuellement : Dossiers  / ZEP - REP - RAR - ECLAIR 

fontsizeup fontsizedown Enregistrer au format PDF impression
21 juillet 2007

L’Education prioritaire se fait “RAR”

  Présentation du dossier

 Entre lassitude et espoir, les équipes continuent de se débattre sur le terrain ne comptant ni leur temps, ni leur énergie, ni leur savoir faire. Car, dans ces écoles, miroir de la dégradation sociale, se joue la question de la réussite de tous. Regard sur les leviers à actionner pour réussir l’éducation prioritaire.

Un an après la mise en place des réseaux « ambition réussite », l’impulsion annoncée de l’éducation prioritaire peine à se concrétiser.

Une première année scolaire se referme sur les Réseaux Ambition Réussite (RAR) et d’évidence, le dispositif de Robien ne fait pas recette.

Du temps où il était candidat à la présidentielle Nicolas Sarkozy n’hésitait pas à proposer « de créer des classes de 15 élèves (…) dans les quartiers où s’accumulent tous les problèmes de l’exclusion et du chômage ». Du Piketty dans le texte (lire l’article) pour souligner l’échec de la relance de l’éducation prioritaire à laquelle il a lui-même participé en tant que numéro 2 du gouvernement de Villepin ?

L’avenir dira plus sûrement qu’un programme électoral les véritables intentions du chef de l’Etat en la matière. Toujours est-il qu’un an après le lancement des RAR on n’y voit guère plus clair qu’auparavant dans l’avenir des dispositifs d’éducation prioritaire.

Les 1010 collèges et lycées classés en ZEP avec leur 7115 écoles avant l’entrée en vigueur de la réforme ont été scindés en trois groupes : EP1, EP2, EP3 (EP pour éducation prioritaire). 249 collèges ont été classé en EP1 ce qui leur a permis de constituer des RAR avec les 1600 écoles qui leurs sont rattachés. Mais pour ce qui concerne les EP2 et EP3 le flou persiste.

Or, si la réforme de Robien est menée à son terme les établissements classés dans la troisième catégorie sortiront définitivement du dispositif dans deux ans (lire l’article). Sur le papier, les RAR ont bénéficié d’un « plus » avec le recrutement d’enseignants référents et d’assistants pédagogiques. Mais plusieurs constats s’imposent.

Tout d’abord ces recrutements ont été réalisés par redéploiement. Les EP2 et EP3 sont restés avec les mêmes moyens qu’auparavant ou presque, ne profitant d’aucune aide supplémentaire, d’aucune « directive ». La « relance », ils ne connaissent pas. Ensuite le recrutement des 1000 enseignants référents promis a été laborieux. Un grand nombre d’entre eux, (25% de l’effectif), sont de jeunes enseignants assez inexpérimentés. Dans ces conditions, difficile pour eux de jouer le rôle de « référent » qui leur est assigné et difficile parfois de se faire admettre au sein des équipes par des profs plus expérimentés.

La donne est à peu près similaire pour ce qui concerne les 3000 assistants pédagogiques. Ils sont souvent très jeunes, peu ou mal formés et se retrouvent « démunis par rapport à d’éventuelles interventions auprès d’élèves en très grande difficulté ou au comportement perturbant ». C’est en tout cas ce qui ressort des travaux réalisés dans le cadre de la Rencontre académique ENS Cachan de l’Académie de Créteil. Un avis qui en croise bien d’autres ailleurs en France et qui juge « indispensable », la formation de ces personnels.

La situation de l’école primaire n’est pas plus enviable que celle des collèges et lycées, bien au contraire. Le premier degré est de toute évidence le grand oublié de la relance. Un rapport de l’Inspection générale estime que parmi les vraies priorités qui doivent être dégagées, le premier degré en est une. « C’est là que se creusent les écarts les plus importants, c’est aussi à ce stade que les remèdes sont les plus efficaces », affirment les IG (lire l’article).

Mais l’approche pédagogique de la prise en charge de la difficulté scolaire dans le cadre de l’éducation prioritaire passe par des pratiques, un fonctionnement de l’école en équipe et surtout une intervention très précoce auprès des élèves. Elle nécessite des moyens et une politique volontariste permettant un travail de fond dès l’école maternelle pour contribuer au rétablissement de l’égalité des chances.

D’autre part « la relance ambition réussite » de Gilles de Robien privilégie une approche individuelle sur l’élève. Les PPRE sont venus s’ajouter aux dispositifs déjà en place. L’étude de Jean-Paul Caille, chargé d’étude à la DEPP « portrait social 2006 » révèle que si en ZEP « le contexte scolaire explique ces disparités », les caractéristiques individuelles (sociale, économique, familiale…) pèsent également fortement sur la réussite. A ce titre la mixité sociale constitue un véritable enjeu : « on ne peut isoler les politiques menées des contextes territoriaux dans lesquels elles s’enracinent : préservation de la mixité sociale notamment », affirment Choukri Ben Ayed et Sylvain Broccolochi, sociologues auteurs d’une étude sur les relations école et territoire (lire l’entretien). Il faut deux types d’approche, territoriale et individuelle.

C’est aussi ce que confirme la photographie de quartiers « ségrégués » dressée par l’observatoire des zones urbaines sensibles (Onzus) : 20,7% de chômage, 38,5% pour les moins de 25 ans. Cette réalité est confirmée en matière d’éducation : 58% des enfants scolarisés en Zep ont pour parents des ouvriers ou des inactifs, 35% ont au moins un parent issu de l’immigration.

De son côté, l’Observatoire des zones prioritaires (OZP) préconise de généraliser les pratiques pédagogiques qui ont réussi (lire l’article). Et de ce point de vue, le terrain est riche d’enseignements. Quand les équipes innovent, s’impliquent, se stabilisent, la ZEP sait produire de la réussite (lire l’article).

Exemples à suivre.

 

272 visiteurs en ce moment

*Top

SNUipp-FSU.28- 3 rue Louis Blériot - 28300 CHAMPHOL

tel : 02.37.21.15.32 / Fax : 09.72.47.25.65 Email : snu28@snuipp.fr

Mentions légales


©Copyright 2006 - SNUipp-FSU 28 | Eure-et-Loir, tous droits réservés.

Afficher SNUipp-FSU 28 sur une carte plus grande