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25 octobre 2007

Samedi qu’est-ce que t’en dis ?

Après l’annonce du ministre de supprimer la classe le samedi matin, voici le temps des interrogations. Comment l’école et les enseignants devront-ils s’organiser ? Premiers éléments de réflexion

L’école, le samedi, c’est fini.

Dès la rentrée 2008, la semaine scolaire sera de 24 heures pour les élèves, les heures d’enseignement de l’année passeront de 936 heures à 864. Selon le ministre, les enseignants quant à eux devront consacrer les deux heures dégagées à « ceux qui en ont le plus besoin ». Sans préciser ni à quel moment de la semaine et de la journée, ni ce qu’il adviendrait alors des autres élèves.

Depuis quelques semaines, le locataire de la rue de Grenelle avait laissé entendre qu’il s’attaquerait aux rythmes de la semaine et prévoyait de faire un sort aux samedis afin d’harmoniser des organisations dans lesquelles « on ne se retrouve plus ». Une mesure « au stade de réflexion » avait-il alors déclaré, histoire de tester son annonce auprès de l’opinion publique. Finalement, en lieu et place, d’une réflexion partagée avec les nombreux acteurs de l’école (enseignants, parents, milieu associatif, collectivités territoriales), la communauté éducative a eu droit à une décision sèche au journal télévisé de 20 heures. Une fois l’annonce passée, qui selon le sondage CSA commandé par le ministère, satisfait les parents (77%) et le « grand public » (71%), les choses sérieuses commencent. En premier lieu, quelles sont les conséquences pour les enfants et les enseignants ? Le pire serait l’improvisation qui ouvrirait la voie à des situations bricolées.

Dans son entrevue avec Xavier Darcos, le SNUipp a demandé que s’ouvre une réelle concertation sur l’organisation de l’école et la prise en charge de la difficulté scolaire. A l’évidence ce dispositif est peu crédible pour la prise en charge des élèves en difficulté. Beaucoup de questions sont pour l’heure sans réponse. Quand et comment se fera la prise en charge des élèves en difficulté ? Le mercredi matin, sur le temps de la pause méridienne, le soir après la classe ? Quel sera le réel cadrage horaire ? L’aide concernera t-elle les petits et moyens de maternelle ? Comment le service des enseignants de maternelle sera t-il organisé ? Quelle articulation avec le travail des RASED ? Quel sort sera fait aux programmes ?

A ces interrogations s’ajoutent des incohérences. En quoi est-ce efficace de rallonger la journée scolaire pour les seuls enfants en difficulté ? Un même dispositif est-il pertinent dans des écoles pour qui les degrés de la difficulté scolaire ne sont pas les mêmes ? Quelle égalité entre les écoles, le nombre d’enfants en difficulté n’étant pas le même d’un lieu à l’autre ? S’il s’agit comme l’affirme le ministre de faire mieux réussir tous les enfants, le SNUipp trace depuis longtemps les pistes d’une réelle transformation de l’école en réfléchissant sur le temps de l’enfant mais également sur le temps des enseignants : avec plus de maîtres que de classes permettant d’avoir 24 heures devant élèves et 3 heures de concertation, avec plus de travail en équipe, avec plus d’accompagnement. Et ce afin que les équipes enseignantes aient les moyens dans chaque école, en fonction de la réalité locale, d’inventer des fonctionnements, des dispositifs prenant en compte les élèves les plus fragiles sur le temps scolaire dévolu à tous.

Mieux d’école, quand est-ce que l’on s’y met vraiment ?

 

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