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9 septembre 2008

Formation des maîtres | Compagnonnage ou professionnalisation ?

En septembre 2010, les enseignants admis au concours seront immédiatement mis « en situation d’enseignement à temps plein avec l’aide et le soutien de professeurs expérimentés », ce qui signifie qu’ils n’auront reçu aucune formation professionnelle en dehors de leur cursus ! C’est avec le recrutement au niveau master, le point principal de la réforme de la formation des enseignants, annoncée par le président de la République le 2 juin, suivie par un communiqué du Conseil des ministres.

Cette réforme annoncée sans concertation et dans la précipitation aura des effets dès cette rentrée puisque les étudiants doivent s’inscrire dans des cursus qui n’existent pas encore ! Dès le début la communauté éducative s’est émue du risque de disparition de formation professionnelle (voir FSC n°315). Le manque de référence aux IUFM, dont on sait qu’ils doivent évoluer, est symbolique d’une conception qui vise à privilégier les formations disciplinaires et qui va à l’encontre de ce qui se passe dans les pays européens. Aucune des questions importantes sur les contenus des masters et des concours n’est tranchée. Les IUFM et les universités devront dans l’urgence réfléchir sur des sujets dont la complexité semble échapper au ministre.

La FSU a demandé immédiatement l’ouverture de négociations, en défendant l’idée de préserver une formation professionnelle de qualité, parce que « le métier d’enseignant est un métier qui s’apprend ».

Les syndicats de la FSU font partie des 500 signataires qui ont lancé un appel « pour une formation des enseignants de haut niveau dans des IUFM rénovés » et qui appellent à l’organisation d’États généraux de la formation le 4 octobre à la Sorbonne. En tout état de cause, il est urgent de prendre sérieusement le temps de la réflexion !


Enseignants maîtres formateurs : quel devenir ? L’existence des PEIMF, à la fois praticiens et formateurs, est une spécificité de la formation des enseignants du premier degré. Le risque de leur disparition avec la réforme de la formation des maîtres et la disparition d’une réelle formation professionnelle fait courir le danger d’un éloignement encore plus grand entre la formation et le terrain. Quelle sera leur place dans la nouvelle architecture de la formation ?


Entretien avec Patrick Baranger, président de la Conférence des directeurs d’IUFM (CDIUFM)

« préserver la formation professionnelle »

-Quelle est votre réaction après les annonces ministérielles sur la formation ?

  • Des réunions sont programmées à la rentrée pour discuter du contenu des masters et des concours. Notre préoccupation actuelle est de préserver une formation professionnelle de qualité. Nous sommes attachés au master mais nous aurions préféré que le recrutement par concours précède la formation, comme c’est le cas pour les ingénieurs ou les médecins. -Quels écueils les masters devront-ils éviter ?
  • Ils devront comporter une réelle formation professionnelle mais aussi prendre en compte les étudiants qui seront diplômés mais qui ne réussiront pas le concours et donc offrir une ouverture professionnelle plus large. Concernant le premier degré, il faudra tenir compte des difficultés actuelles rencontrées lors de la création de licences pluridisciplinaires. Avec un effet important d’appel d’air, elles peuvent fragiliser certaines filières traditionnelles et créer des filières ghetto. Le montage des formations pour le premier degré sera extrêmement complexe. Le référentiel de compétences doit rester un point d’appui. -Les décisions qui seront prises quant au concours seront importantes…
  • En effet, il faudra absolument qu’il soit bien plus professionnalisé dans ses épreuves qu’il n’était auparavant. Nous savons bien ce qu’induit le dispositif terminal sur la formation en amont. C’est donc une condition essentielle pour préserver une formation professionnelle. -Le ministre a annoncé qu’après la réussite au concours, les enseignants n’auraient qu’une formation par compagnonnage, avec un enseignant expérimenté. Qu’en pensez-vous ?
  • Si le compagnonnage n’est a priori pas à rejeter, nous avons de sérieuses réticences. Tout d’abord ce modèle suppose une culture professionnelle unifiée, c’est-à-dire que les enseignants partagent les mêmes valeurs et les mêmes pratiques. C’est loin d’être le cas, comme le montrent les débats actuels. Le compagnonnage suppose aussi de travailler ensemble, et non l’un après l’autre, ce qui malgré les injonctions de travail en équipe ne correspond pas à la culture de l’école. Il serait aussi important de voir plusieurs pratiques et plusieurs maîtres. Enfin, à l’heure où l’on sait qu’il faudra s’adapter encore plus aux mutations sociales, évoluer et s’engager dans la voie de l’innovation, on ne peut pas prendre le risque de générer une reproduction des pratiques à l’identique.

 

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