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17 avril 2010

70 ans… toujours en classe ?

Le Conseil d’orientation des retraites vient de rendre public plusieurs scénarii visant à établir des prévisions sur les besoins de financement des régimes de retraite jusqu’à l’horizon 2050. Celles-ci mettent en évidence la question centrale de l’emploi et des rémunérations. Répondre à ce phénomène heureux qu’est l’allongement de la durée de la vie nécessite, pour le SNUipp, de pouvoir mobiliser de nouvelles ressources portant sur les revenus financiers qui échappent aux cotisations sociales.


Pourquoi le COR affiche-t-il des prévisions affolantes qui sont en partie fictives ? En effet, pour les fonctionnaires, elles sont calculées comme si la contribution de l’Etat restait stable depuis 2000 alors que ce n’est pas le cas. D’autre part, le besoin de financement des retraites de fonctionnaires se stabiliserait autour de 2030 et baisserait à partir de 2040.

Le Snuipp demande au gouvernement de prendre la mesure des aspirations des personnels à ce que l’âge légal de départ en retraite soit maintenu à 60 ans et à 55 ans pour les instituteurs, comme le gouvernement s’y était engagé en 2003.

Comment imaginer une augmentation de la durée de cotisations ou un report de l’âge de départ pour les professeurs des écoles ? Ils débutent à l’âge moyen de 27 ans : cela conduirait les enseignants des écoles à poursuivre leur activité jusqu’à l’âge de 67, 68, 69… 70 ans avec des élèves âgés de …. 2 à 10 ans ! Le SNUipp s’opposera à toute régression.

Maintenir le droit à une retraite pleine et entière nécessite de redéfinir la notion de carrière complète et de prendre en compte les années d’études, les périodes de stages, de formation et de recherche d’emploi comme c’est le cas dans quelques grandes écoles françaises et de prendre en compte la pénibilité. Le SNUipp exige également le maintien de la référence aux 6 derniers mois pour le calcul de la pension.

Pour toutes ces raisons, le SNUipp appelle les enseignants des écoles à participer aux journées du 20 avril et du 1er mai pour faire entendre leurs exigences en matière de retraite.


Projections financières du COR : refuser le piège du catastrophisme, porter nos propositions

Comme prévu, l’actualisation des projections financières du COR met en évidence les effets de la crise financière et économique sur les régimes de retraites.

Bien que notre système de retraite ait pleinement joué son rôle d’amortisseur social pendant la crise, et alors que dans le même temps les fonds de pension perdaient en une seule année 5400 Mds de dollars, les effets économiques de cette crise risquent de se faire durablement ressentir si des politiques favorables à l’emploi, et aux salaires ne sont pas privilégiées. Pour la FSU, les futurs retraités n’ont pas à payer la facture d’une crise économique qu’ils paient déjà au prix fort en tant que salariés. Car si les besoins de financement sont réels, pour la FSU les ordres de grandeurs obtenus nécessitent d’être clarifiés.

La FSU souligne le peu de pertinence des scénarios catastrophes mis en avant, envisageant une croissance de la productivité de + 1,5 par an alors que la moyenne observée sur la période 1991-2007 est de 1,8 ! Gouvernement et patronat ne manqueront pas de les utiliser pour présenter comme inévitables un report de l’âge légal et un allongement de la durée de cotisation.


Par ailleurs une part des besoins de financement présentés dans le rapport tient à un mode de calcul arbitraire de la contribution de l’état pour ses fonctionnaires, qui fait de la baisse du nombre des fonctionnaires et de leur pouvoir d’achat un facteur d’amplification de ces besoins.

La FSU considère que les projections du COR mettent en évidence le caractère central des questions d’emploi, de salaires et de l’investissement productif pour le financement des régimes de retraite.

En remettant ces besoins de financement à leur juste place, il est parfaitement envisageable d’actionner le troisième levier : augmenter les ressources. Cela suppose, contrairement au parti pris gouvernemental, de « tout mettre sur la table » et de débattre du taux de cotisation, de l’élargissement de l’assiette de ces cotisations aux revenus du travail et du capital qui échappent à la solidarité et de moduler ce taux en fonction de la valeur ajoutée des entreprises afin de ne pas pénaliser l’emploi et les salaires.

Pour ces raisons, la FSU, conformément aux mandats donnés par son congrès, appelle les personnels de son secteur à se mobiliser notamment dans le cadre des journées du 20 avril et du 1er mai avec l’ensemble des salariés afin de mettre en échec les projets de régression et de faire entendre que d’autres choix sont possibles.

 

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