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La circulaire qui fera pshitt ?!
dimanche, 15 avril 2018
/ SNUipp-FSU.28

Avec l’ambition de « construire le parcours d’un lecteur autonome », d’assurer «  l’émancipation des élèves  » par « la maîtrise de la langue française » ou encore de faire « du calcul un enjeu majeur de la maîtrise des principaux éléments de mathématiques à l’école primaire », ces trois notes paraphées par le ministre de l’Éducation nationale et qui doivent être publiées au B.O prochainement, interrogent d’abord sur leur statut. S’agit-il de recommandations ? Donnent-elles les grandes lignes d’une pédagogie officielle ? Quelle place occupent-elles, deux ans après la parution des nouveaux programmes ?

Une circulaire pour quoi faire ?

Le statut peu clair de ces trois notes a dans un premier temps amené le SNUipp-FSU à interroger la rue de Grenelle. Dans l’attente de ces précisions, il apparaît tout de même que peu de place est faite à l’expertise professionnelle des enseignants pour concevoir et mener les séances d’apprentissages en fonction de la connaissance et des besoins de leur classe. Une note qui va tout de même jusqu’à conseiller aux enseignants de «  circuler dans les rangs des élèves lors des activités… »

Déchiffrer, apprendre des leçons, numéroter

Il pourrait être tentant sans être trop caricatural de rassembler ces trois notes de service dans une seule formule « Lire, écrire, compter ». Mais une fois encore chacun de ces domaines relève dans ces « recommandations » d’une approche quelque peu désuète ne prenant que trop peu en compte les travaux de la recherche.

Ainsi la rue de Grenelle propose-t-elle le retour d’une grammaire à la « grand-papa » avec un catalogue de notions et de listes de mots à apprendre par cœur en oubliant l’importance du réinvestissement de ces notions dans des textes lus et dans les activités d’écriture et de création. Si la « leçon de grammaire » est utile pour faire le point et expliciter un fait de langue, elle ne saurait suffire à l’apprentissage. Enfin, il faut déplorer le silence sur le rôle de la production d’écrits, alors que le CNESCO, vient dans son rapport du 11 avril de rappeler la nécessité de faire davantage écrire les élèves.

Sur la lecture alors que le préambule de la note affirme l’ambition de former des « bons lecteurs actifs ayant le goût de la lecture  » en leur donnant les outils pour « accéder au sens des textes et au plaisir que la lecture procure », les propositions renvoient, elles, à la fin du CP les premières activités de compréhension. A l’inverse des programmes de 2016 qui rappelaient à juste titre qu’au « cycle 2, le sens et l’automatisation se construisent simultanément.  »

Concernant les mathématiques, l’accent est mis sur le comptage-numérotage en maternelle, un apprentissage mécanique de la suite numérique qui ne permet pas à lui seul de construire le nombre et qui pour le coup vient en contradiction avec les programmes de 2015 de l’école maternelle.

École de la confiance ?

À la lecture de ce projet de note on semble bien loin d’une « école de la confiance » qu’affectionne pourtant le ministre. Reconnaître les enseignants, les soutenir, les valoriser et miser sur une vraie formation initiale et continue de qualité, seraient de meilleures réponses aux enjeux bien réels posés au système éducatif français.

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