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Réaction suite au suicide, sur son lieu de travail, de Christine Renon, directrice d’une école maternelle dans le 93
lundi, 30 septembre 2019
/ SNUipp-FSU.28

Comme toute la profession, nous avons été choqués d’apprendre le suicide de notre collègue et camarade Christine Renon, directrice de la maternelle Méhul à Pantin, dont le corps a été retrouvé à l’école, sur son lieu de travail.

Nos premières pensées vont évidemment à ses proches, à ses collègues, ainsi qu’à nos camarades du SNUipp 93, à qui nous avons adressé un message de soutien.

Nous partageons aussi leur colère, qui est aussi celle des milliers d’enseignants.
Car au-delà des circonstances particulières, individuelles, intimes qui sont bien sûr propres à chaque tragédie et qu’il convient de respecter, les lettres envoyées par notre collègue avant de se donner la mort font écho au quotidien de chacun d’entre nous, directeur ou PE et doivent nous interroger.

Surcharge de travail, perte de sens du métier, injonctions permanentes, parfois contradictoires, revirements du discours institutionnel ou le noir devient blanc le lendemain au gré des changements d’orientations politiques...

Combien sont-ils ces enseignants, ces directeur-trices à souffrir en silence, en première ligne face à la misère de certaines familles, face à la frustration engendrée par un service public trop souvent déficient, ou encore face à l’égoïsme social et au consumérisme scolaire grandissant ?

Le plus insupportable est sûrement le décalage entre la réalité du terrain et la communication médiatique de l’institution. Lorsque, essayant de témoigner, d’attirer l’attention sur des situations difficiles, personnelles ou professionnelles nous n’avons droit qu’au silence, au mépris, dans le meilleur des cas à une compassion sincère mais sans effets car sans moyens concrets pour remédier à la situation.

Ce suicide intervient après une vague d’autres suicides d’enseignants, mais aussi d’autres qui n’ont pas été portés à la connaissance du public. Il y a bien sûr les facteurs individuels, relevant de l’histoire intime de chacun. Mais les conditions de travail ne sont jamais bien loin.

« C’est difficile à comprendre de l’extérieur mais son geste, c’est un acte militant. Pour qu’on l’écoute enfin. » témoigne une de ses collègues. Enseignante directrice investie, déployant énormément d’énergie dans son travail, elle remercie dans ses lettres les élèves, les parents, les collègues, tout en pointant du doigt une organisation du travail néfaste et une administration aveugle.

Nous disons que cela suffit !
Nous ne devons plus payer dans nos vies le prix des échecs et des dysfonctionnements de l’institution ! Il est temps que ceux qui organisent ou couvrent la casse de notre service public soient mis en face de leurs responsabilités !

Nous ne devons plus culpabiliser pour des échecs qui ne sont pas les nôtres.

Il s’agit de reprendre la main sur notre métier, notre temps de travail reconstruire de la solidarité entre collègues, des collectifs de travail, lutter pied à pied contre les tracasseries et les injonctions qui n’ont pas de sens et nous concentrer sur le cœur de notre métier !
Il s’agit de reconquérir un salaire à la hauteur de notre tâche et de notre investissement !

Il s’agit de reconstruire notre dignité d’éducateurs et enseignants !

Utilisons les Réunions d’Informations Syndicales pour ne pas rester isolés avec notre colère. De nombreux-ses directeurs-trices nous ont fait part de leur écœurement d’une situation qui les renvoie à leur quotidien de plus en plus difficile au fil des années. Nous proposerons également rapidement une date pour les les réunir. C’est ensemble que nous trouverons les moyens de résister !

Le SNUipp 28 continuera d’interpeller l’administration dans les instances sur la réalité du travail enseignant et, avec ses moyens militants, tentera d’être à la hauteur de cette tâche, au côté des collègues et fera des propositions en ce sens.

Arrêtons de baisser la tête !

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